Guide de survie Aggro en territoire Premodern

Cet article aurait aussi pu s’appeler « comment j’ai appris à aimer la toxicité du format Premodern ». En tout cas, soyez prévenus : cet article est évidemment très subjectif.


Au commencement…

Comme beaucoup de joueurs de Premodern, j’ai plongé dans le format par nostalgie et avec l’envie de jouer autre chose que ce que les formats officiels pouvaient proposer.

J’ai découvert Magic durant mes années collège/lycée, ce qui en bon trentenaire se traduit pour ma part par les blocs Odyssée à Kamigawa. Après une initiation rapide via Portal, le cœur battant de ma période Magic fut le bloc Carnage, encore teinté des cartes amassées du bloc Odyssée, et en bon Timmy je jouais des decks particulièrement aggro ou axé autour des créatures tels que :

Rien de fou, mais cela restait très correct à l’échelle de mon groupe de potes dont le plus coriace s’acharnait à optimiser des decks tribaux sorcier ou réanimateur dragon. Bref, on jouait « fair », avec un accès très limité à des cartes hors booster ou tournament pack que notre LGS nous dégotait, même si certains petits malins du groupe (pas moi) faisaient des escapades devant l’œuf cube à Jussieu.

Je suis donc rentré dans le Premodern à coup de Mono Black Clerics, GW Threshold et l’incontournable UG Madness. Donc quand j’ai timidement fait mes premiers tournois, me prendre plein pot des decks Enchantress, Replenish et U Tide fut un peu rude.

Nos braves 1/1 pour 1 et 2/2 pour 2 méritent mieux que ça. Alors plutôt que de netdecker une solution, j’ai commencé à me demander comment faire en sorte de m’en sortir sans renier le Timmy au fond de moi.

Bref, comment faire pour survivre en tant que joueur Premodern « Aggro ».


Bon c’est quoi un deck Aggro déjà ?

On peut trouver plusieurs définitions, mais celle la plus répandue pour résumer la stratégie d’un deck Aggro est de gagner vite et bien en imposant rapidement une clock, essentiellement via des créatures et souvent de manière assez « honnête ».

Cela consistera donc généralement à inonder le champ de bataille de petites créatures pour taper vite, souvent avec de l’évasion et un peu de boost en support, ou mettre en place un certain nombre de créatures utilitaires (pour ramper, faire de la disruption ou de la gestion) jusqu’à sortir généralement un énorme pâté ou atteindre une situation imperdable.

Dans la majorité des cas, ce sont les créatures (emblématiques et généralement en nombre) qui font le sel du deck, parfois avec une forme de soutien ou de disruption en parallèle, mais sans nécessairement se reposer sur une victoire instantanée par combo ou sur un enchantement/artefact clé pour fonctionner.

Avec cette dernière définition, on est plus sur des decks Sligh que Burn (qui avec Psychatog et Storm pourraient presque former un sous-archétype « Math Deck » à part), et Terrageddon que TerraOath par exemple. On intègre aussi généreusement certains decks type Gro-a-bear, UW Flippi et The Solution.

J’admets que ça déborde de tous les sens du pur archétype « Aggro » et que je fais mon difficile. Il serait certainement plus juste d’appeler l’archétype que je décris « Creature-based », mais c’est moche, et le terme « Aggro » est plus courant. Si vous avez le temps il y a un bel article sur Magicville pour souligner la difficulté que ça peut être de classifier les decks.

En tout cas, « mon » Aggro, celui dont je vais parler dans la suite, c’est celui qui assume de jouer des créatures à toutes phases du jeu, pas simplement comme finisseur ou moteur à combo.

Vu que ce sont nos créatures qui vont faire le travail, il faut donc voir à les protéger des principales menaces.


Les prédateurs du format

Les plans « triche »

Si on veut jouer « honnête », alors tous les sorts ou enchantements qui cheat des énormes pâtés en jeu peuvent avoir l’effet d’un titanesque doigt d’honneur à notre attention : « Salut, j’ai vu que tu aimais bien jouer des créatures, moi aussi mais je joue tes T8 au T2 ».

Vous me direz que balancer des Hypnotic specter ou Scion des Ténèbres durant les deux premiers tours, ou encore un Commandant des assiégeants avec Goblin Lackey n’est pas spécialement mieux. Certes mais ça n’a pas le luxe de la surpuissance d’un Phantom Nishoba ou Akroma T1, ou même de terravores 12/12 qui apparaissent et se renforcent à chaque tour.

Heureusement la gestion d’enchantement existe, mais toutes les couleurs ne seront pas au même niveau. Un Oath of Druids T2 face lorsque l’on joue un deck rouge et/ou noir aggro est assez rude. Et ne pouvoir compter que sur Dystopie ou Disque de Nevinyrral est assez misérable. Cela force donc à splasher blanc ou vert dans la majorité des cas, ce qui est une tannée si on joue une bicolorité ennemie, où à tendre vers un soutien défausse / contre.

La gestion de créature aussi existe et est mieux répartie entre les couleurs, mais face à une menace récursive lorsque l’on joue la montre, la situation reste infiniment complexe.

Pour les plans réanimateur, comme tout autre deck, on s’appuiera sur de la haine de cimetière (Crypte de Tormod, Fourneau Phyrexian), où les decks noirs sont un peu plus aidés (Misérable loqueteux, goule affamée, fureteur des cryptes, zombie cannibale).

Les cartes sorties de la réserve

Ici la haine est plus ciblée et peu paraître un peu moins injuste (c’est de la légitime défense après tout). On ne la croise que plus rarement et généralement post-side.

Si le Totem maudit nous met bien dedans mais on garde néanmoins des créatures vanilla avec parfois encore des belles capacités passives pour taper. Si on joue un deck aggro-combo c’est nettement plus pénible, mais des decks comme elfes ou cleric life peuvent généralement sortir un désenchantement/naturalisation du chapeau, jouer moine réaliste ou aller chercher un Vigilant Nantuko.

Pyrostatic pillar pique très fort lorsque l’on joue une courbe de mana un peu courte, mais cela reste symétrique et on garde généralement plus de menaces sur le champ de bataille.

A part se prendre une Lumière du jour lorsqu’on joue Mono Noir, les autres propagande-like sont généralement conditionnels ou contournables.

Le service de nettoyage

La gestion de masse ou ciblée de créatures est une réalité difficile à esquiver dans le format. Il faut en tenir compte, et à moins d’avoir un plan spécifique pour esquiver la colère (Planar Guide), remplacer ou faire revenir les morts (Caller of the claw, Patriarch’s Bidding), la meilleure solution reste de temporiser et appâter les sorts ou encore pumper ses créatures (avec les différents lords et antiennes par exemple).

Pour ce qui est des abominations sur pattes (autres que les hématopyres qu’on rangera dans la catégorie du dessus), généralement sortie d’un side ou wishboard, il convient d’avaler la pilule (en éclatant le Plague spitter) et de provoquer ou attendre son moment (en disruptant la main adverse ou exilant/incinérant la Masticore).

Les manlands

Quand on cherche à peupler le champ de bataille, c’est pour pouvoir d’une manière ou une autre déborder l’adversaire et infliger des dégâts tour après tour. Au contraire des murs, les manlands tapent fort et esquintent donc notre force de frappe, sont plus difficilement ciblables que de pures créatures, et sont une menace à long terme.

Si l’on pas le luxe d’avoir des Terres Dévastées ou Port Rishadan dans son pack, tout est donc généralement question de timing (et donc une perte de temps), puisqu’une partie des gestions de créature et d’artefact vont nécessiter de ferrer le poisson d’une manière ou d’une autre.

L’anti-jeu

Si vous vous faites contrer à tout bout de champ, c’est que vous jouez contre Antoine un deck contrôle. En jouant aggro, vous misez normalement sur la vitesse ! Sinon, vous jouez probablement vert et vous pourriez avoir quelques cartes de side un peu rigolotes à jouer. L’idée est donc soit de remplir le board et dérouler son plan de jeu le plus vite possible, soit d’appâter ses contres sur des sorts ou créatures moins cruciales pour votre plan de jeu.

Si vos terrains sautent les uns après les autres, vous devriez en principe avoir soit une courbe de mana capable de vous permettre de rebondir rapidement, soit assez de mana dork pour vivre votre vie assez sereinement. Par contre, à moins d’avoir de quoi piocher/filtrer, vous ne pourrez rien faire contre la variance qui pourrait bien vous manadeath le temps qu’un Terravore, une Colère de dieu ou autre saloperie ne débarque.

En ce qui concerne Humility. Et bien… on en revient à la gestion d’enchantement déjà évoquée précédemment, où à la nécessité forcée et risquée d’inonder le champ de bataille de 1/1 vanilla. Mais si il y a des manlands (c’est souvent le cas), ça sera rude. Adoration peut être un peu moins ardu à gérer puisque vous devriez avoir en principe quelques gestions sous la main.

Mais dans tous les cas, une chose à garder en tête face à ces menaces, c’est qu’elles sont généralement soit contournables, soit possible à disrupter. Ici Port Rishadan brille, puis qu’empêcher l’adversaire de toucher sa couleur clé ou ses doubles manas peut devenir crucial pour pouvoir poser ses menaces entre temps. Les sorts de défausse sont également les bienvenus si vous y avez accès.

Les combos en tout genre

A moins de jouer un deck un peu trop mou, ce n’est pas une situation qui devrait effrayer (en principe) le joueur aggro. D’une manière générale, les decks combo peuvent clore la partie autour du 4ème tour mais interagissent généralement peu. Jouant un deck rapide et agressif, un peu de disruption ou gestion des créatures clés est souvent suffisant pour prendre l’avantage.

Connaître les principales combos du format, c’est se donner une chance de pouvoir les enrailler plus facilement. La chaîne Youtube I Play Magic a mis en ligne une superbe vidéo en faisant le tour.

Burn!

Là, ça se complique. Sligh, Burn, Red Deck Win, quel que soit le nom de cette s%l¤p£r$€ de deck, pour un joueur aggro c’est généralement l’abattoir.

Se faire cramer chaque créature qui a le malheur d’arriver le champ de bataille est un crève-cœur (à moins de jouer un deck aggro avec de la récursion un peu spicy). Le seul réconfort à trouver quand on enterre nos pauvres créatures à l’odeur de bacon grillé, c’est que la foudre ne nous a pas (encore) frappée. Et c’est parfois suffisant à empêcher notre compteur de descendre à 0 le temps de se remonter une armée.

La survie, souvent après une première partie délicate, nécessite généralement toute la haine anti-rouge packé dans notre réserve en espérant que ça passe. Si vous jouez blanc, vous ne devriez pas être désarmé, et une rune de protection ou une loi suprême feront toute la différence.

Une autre approche est de jouer des créatures avec le linceul, pour peu que vous jouiez Slivoïde crystallin T2 ou Vert, même si ça ne protègera pas de Pyroclasme.

Le manque de pioche

Cette fois, c’est nous le problème. Le plan de jeu d’un deck aggro est généralement de vomir sa main de menaces puis soit la magie opère, soit on passe en mode top-deck si l’on n’a pas la joie de pouvoir jouer de la pioche. Jouer Mono Black Clerics et réussir à vider sa main pour sortir le Scion des ténèbres T2, juste avant qu’il se mange un retour au pays, c’est délicat.

Les decks autres que bleu sont assez mal desservis en sorts de pioche et en cantrip. Généralement ils nécessitent une certaine mise en place ou une contrepartie. Pas de pioche facile donc, même si Bibliothèque Sylvestre, Regard du squelette et Arène Phyrexiane peuvent faire un travail remarquable. Sinon il y a de quoi se creuser les neurones pour rendre fonctionnelles ou synergiques avec le plan de jeu certaines cartes comme Rudoiement, Hoirie et Oblation par exemple.

Une autre approche est de miser sur une forme de récursion avec le cimetière afin de se redonner un second souffle, ou bien d’arrondir les angles avec du recyclage.

Sinon il y a plein de créature qui permettent de piocher, tel que l’incroyable cycle des meneurs d’Apocalypse, les Ophidian-like et leurs dérivés, les enchanteresses, les détrousseurs-like, et j’en passe. Elles restent néanmoins très conditionnelles et/ou lentes.

Le manque de vitesse

On peu trouver un véritable plaisir de jeu dans le fait de bricoler et jouer des listes aggro qui soient capables de se défendre face aux decks plus « meta », bie que l’on sait pertinemment que l’on n’enchainera pas les tops. Par conséquent, il faut réussir à tenir le rythme, ce qui signifie faire compter au maximum les 3/4 premiers tours et se retrouver, dans le pire des cas, installé et capable de jouer des menaces ou protéger ses créatures de manière consistante par la suite.

Pour ce faire on peut s’appuyer sur les mana-dorks (surtout en vert), messes noires et assimilés. Les diamants, camées, bouts de Ramos (très sympa pour caster un des champions d’arènes de Carnage) sont autant des accélérateurs à rebours que des fixeurs. Les cycles de médaillons de Tempête et de familiers de Planeshift sont aussi utiles pour une accélération T3 et au-delà.

Enfin, booster la manabase avec des depletion land, sol lands ($), mox diamond ($!) et Gaea’s Cradle ($!!) ne sera pas inutile bien que ça puisse facilement vous éclater à la figure.

D’ailleurs comme tout deck la manabase doit être aussi impeccable que possible, histoire d’éviter de trop devoir mulligan et de caler dès le second tour :


Et maintenant?

Et bien maintenant on cuisine et on joue !

https://cards.scryfall.io/art_crop/front/3/5/35698c86-4552-4c04-8f51-099bb2dbce6d.jpg?1562428885

Le listing précédent permet d’identifier les ingrédients nécessaires à un deck aggro qui se défend bien. Il faudrait :

  • Une courbe de mana au poil,
  • De l’accélération,
  • De la pioche,
  • Des réponses avec de la réactivité
  • De la disruption,
  • Des menaces crédibles, par leur intensité ou leur nombre.

A partir de là il y a plusieurs pistes possibles :

  • Chercher à cocher toutes les cases,
  • Chercher à cocher la majorité des cases,
  • S’autoriser des pas de côté…

Cocher toutes les cases

C’est le plus simple puisque des gens bien plus doués que nous ont déjà planché là dessus depuis des années. Par contre, la liste n’est pas très longue.

Les gobelins tiennent la tête de la course…

La courbe de mana est agressive.
Le chef de guerre, le larbin et le prospecteur sont là pour l’accélération.
Le gemmepaume, le meneur et la matrone permettent de piocher et d’être réactif.
Le fanatique, le tireur d’élite et le bricoleur font de la gestion.
Le pelleteur et le commandant achèvent l’adversaire.

Un splash vert en plus pour de l’anti-enchantement/artefact et c’est bingo.

Vous avez là le deck aggro parfait, qui en plus se paye le luxe de permettre des variantes pour le fun!

… mais restent au coude-à-coude avec les elfes.

Le gros de leur puissance vient du moteur à combo permis par la Ranger et le Symbiote.
Entre la quantité de mana démentielle et la pioche (avec l’acolyte) que cela permet, ça en serait presque écœurant.
La Survie du plus apte apporte en plus de la réactivité et ramène les menaces sur la table.
Le splash rouge avec Squee et la colère renforcent le plan de jeu.

Ajoutez à cela la meneuse de la griffe pour se protéger des colères et la possibilité de rajouter au cocktail des Orbes de l’hiver et des Tangle wire pour la disruption et vous avez là aussi un deck presque imprenable.

Moneyball Black en outsider!

De l’accélération, de la disruption, de la gestion, des menaces, de la pioche qui pique!

Jouer un spectre après une messe noire au premier tour, enchaîner des duress, cabal therapy, ravenous rats, re-cabal therapy! Bourrer au Nantuko Shade, finir l’adversaire au parchemin maudit…

On regrettera tout de même un certain manque de puissance et on sent que moteur peine à suivre les deux cadors du format en terme de réactivité.

Et malgré le sideboard d’enfoiré qu’offre la couleur noire, gérer les enchantements est une tannée.

Cocher une partie des cases

Bon ça commence à devenir délicat. On va petit à petit pénétrer dans l’univers du 2-2 et moins plutôt que du 4-0 ou du 3-1 régulier. Entre de bonnes mains cela peut donner de très jolies choses, mais on commence quand même à se trainer des casseroles.

Je me permets une petite sélection subjective de decks tantôt bons, tantôt un peu épicés mais qui n’en démordent pas.

Les decks Madness UG et WG.

La mécanique emblématique de Tourment, un plaisir à jouer soit dans un format tempo en UG, soit dans un format full aggro en WG.

Par contre il y a des faiblesses. La version UG se traine une manabase capricieuse, tandis que la WG s’essouffle très vite.

Néanmoins cela reste pour moi le meilleur moyen de rentrer dans le format, tant financièrement qu’en termes de plaisir de jeu.

Il existent de beaux guides pour la version traditionnelle UG, dont celui de Cyberpunker si vous aimez traiter vos créatures comme de vulgaires outils jetables (oui si vous aimez jouer Survie du plus apte, je vous juge).

UW Flippi et ses digressions

« Jouer des créatures utilitaires afin de créer une position imperdable » est la manière dont Flippi Boehm décrit le deck façonné de ses mains expertes.

Dans les « digressions » du lien ci-dessus, dont un bon nombre ne sont pas des decks aggros, on peut mettre en lumière les White weenies et surtout The Solution.

Par contre j’avais pu dire au début de l’article que le Timmy en moi voulait jouer honnêtement, mais je ne pense pas qu’il aurait été d’accord avec les standstill, contres en pagaille, armaguedon et les voyageurs hâlés qui tutorent des terres dévastées (désolé Timmy).

Zootopie

Laissez les clés du zoo à un lavamancien mal luné et voyez le bazar que ça peut mettre!

La version RG est probablement la plus solide et la plus connue. Vous jouez des créatures, vous les soutenez grâce à un feu nourri de bolt et d’incinerate et vous les boostez à coup de rancœur.

Il existe aussi quelques déclinaisons qui splash du blanc pour lion des savanes notamment, ainsi que des listes 4 à 5C avec créophage. Ou pour encore plus de piquant, des listes Zoo Linceul avec des mangoustes floues et agiles!

Threshold et ses déclinaisons

Dans sa version WG, c’est Terragedon sans Terravore! Et ça tourne bien, c’est plaisant à jouer, avec une manabase fluide grâce à des sphères chromatiques qui fixent et qui pioche. Le casting des créatures est élégant et Argousin mystique en finisseur est incroyable. Et ça se paye le luxe d’être viable sans Mox Diamond.

D’autres version existent aussi également, tournant souvent autour de cantrip bleus pour remplir le cimetière et de Driade Quirionaise qui gonfle en parallèle, tout en conservant les traditionnels ours et mangoustes.

Mono noir clercs!*

Pas nets ces clercs noirs! Quelle tribu incroyable que ces clercs qui se sacrifient pour un rien, font apparaître des scions et des zombies à tout va, et se font des saignées pour le fun!
Ils s’offrent même quelques spots assez libres dans la stock-liste pour caser au bon plaisir des finisseurs comme Kaervek’s Spite, Death Pit Offering ou Patriarch’s Bidding!

Mais par contre quelle frustration que cette pioche famélique et ce besoin désespérant de 3 terrains pour pouvoir espérer faire quelque chose. Et ne comptez pas sur le top deck pour vous aider à vous en sortir, ils ne sont bons qu’en nombre.

*Utilisez un traducteur en ligne 😉

Les aficionados du salon de thé

Avec un succès relativement discret il y a quelques années, W Clerics est un deck WW qui a de quoi se défendre face à nombre de menaces :
– l’accès à des protections contre le rouge notamment,
– la capacité à tutorer des terrains avec le voyageur hâlé,
– de l’évasion avec les soltaris,
– de la prévention de dégâts avec le maître apothicaire pour rendre un Dreadnought inutile,
– une sphère de résistance sur pattes (en réserve généralement),
– et même un combo life (écœurant) si jamais vous ne vous respectez pas.

Par contre ça pioche (très) mal.

Les soupes aux brocolis et à la tomate.

Les listes (petit-)suisse-ide voyant leur nom anglais déformé en soup-on-the-side, l’ajout de couleurs supplémentaires permet de tenter de nouveaux jeux de mots toujours plus stupides.

Mais ce n’est que l’un des avantages.
Ces listes aggro bien comme il faut tapent vite fort et bien et les splashs vert avec rancœur et rouge avec charge téméraire permettent d’agréables lignes de jeu.

Par contre ça pique fort (presque tout le temps en fait) et ça pioche très mal!

White Lightning, ou le WW stompy

Gabe M. de Shared Discovery a trouvé un moyen de faire exploser pendant quelques temps le prix de la carte Ange Hanté foil en cuisinant ce White Weenie sous stéroïdes.

Assez bas du front, le plan de jeu est de sortir des menaces imblocables ou volantes rapidement, puis de les booster et/ou libérer le(s) terrain(s) en utilisant de manière très honnête Vague de parallaxe et Armaguedon.

Afin d’avoir aussi un peu de pioche et une manière sale d’abuser de Vague de parallaxe, j’utilise Oblation dans ma version du deck (ça fait plaisir sur le moment mais j’en dors mal la nuit vous vous en doutez).

Slivoïdes, la tribu ultime!

Le meilleur pour la fin de ce petit tour d’horizon avec Slivoïdes, le tribal synergique par excellence!

Muscle, Winged et Crystalline sliver tiennent le haut du panier, mais la majorité des slivoïdes bicolores de Stronghold sont excellents. La reine et le suzerain slivoïdes sont respectivement pour les Timmy et pour la réserve en cas de match miroir des enfers.

De nombreuses déclinaisons avec leurs forces et faiblesses existent, en 5C, Counter/Gush Sliver, Treva sliver et même Survival sliver où Quick Sliver peut devenir phénoménal.

La liste pourrait encore s’allonger encore, mais il est temps de passer à notre dernière piste pour satisfaire le joueur Aggro-Timmy frustré.

Faire des pas de côté!

On l’a vu précédemment, on ne gagne pas vraiment à trop vouloir jouer honnête et la majorité des decks Aggro cités précédemment tapent sous la ceinture. Entre les armaguedon, survie du plus apte, messe noire, défausse à outrance, contres etc. on ne peut espérer obtenir quelques victoires sans user de toutes les armes à dispositions.

Donc pourquoi ne pas aller plus loin? Pourquoi ne pas tordre un peu nos idéaux pour se permettre viabiliser un deck jouant ce qui nous plaît le plus, tel que des créatures emblématiques un peu rincées de notre enfance? Ou au contraire, sacrifier un peu nos chances de perfer pour rentrer au forceps dans une liste convenable la carte de créature qui fait vibrer le Timmy en nous?
En somme, construire ou pervertir un deck pour quelques créatures en particulier!

Loin d’être joués en premier lieu dans un esprit compétitif, je vous propose ci-après quelques morceaux choisis.

Sortir la Reine Slivoïde au 5ème tour reste pour moi un de mes meilleurs souvenirs de tournoi (si on omet qu’elle s’est prise un retour au pays juste après).

Une partie du plaisir de jeu peut aussi se trouver dans des défis que l’on se donne à soit même. Les listes bien installées se trainent parfois quelques spots libres, pourquoi ne pas en profiter pour y mettre une créature que l’on aime jouer?

La Reine Slivoïde sera ardue à caser dans un deck Counter ou RG Sliver, mais pour peu que vous jouiez 3 à 5C avec des oiseaux de paradis, alors cela n’a rien d’impossible.

Avec son air d’ami des animaux (ou de Vladimir Poutine), le Chapelain Bienaimé donne envie qu’on lui donne une chance. En le boostant avec Proportions Mythiques par exemple! 😀

En creusant un peu on peu lui trouver plein de potes de promo comme les chercheurs de l’académie et le Mythifieur nomade.

Cela peut donner un deck aura très drôle à jouer, même si le manque d’interaction et son extrême faiblesse à la haine de cimetière le rend très peu compétitif.

Les decks « Gating » ont surtout la cote dans des version spicy de RG Fires, avec le Kavru cornu et la Guivre Shivâne, mais il reste tout à fait concevable de bâtir un deck Gating UB avec la Harpie des Cavernes, Physalie, rats voraces et surtout le Spectre du Jugement Dernier!

Cela permet de faire un deck « Creature control » très sympa avec le spectre ou encore le crocodile des marais comme menace ou défausse récursive.

Moins célèbre que Boule fulgurante, le Chatfeu Incandescent est une carte incroyable pour mettre la pression à l’adversaire, et c’est en plus une carte avec la mue à laquelle il ne s’attend pas!

Problème : on n’attaque en principe qu’une seule fois avec…

Solution : en version Oath ou en version « Blue balls » on peut le laisser s’évaporer pour revenir le tour d’après!

Lorsqu’on parvient à le jouer, Serpent mystique arrache généralement à l’adversaire un cri de surprise ou un sourire convenu.

Pour ma part il a trouvé sa place dans un deck Predict-Gro où s’il ne constitue pas le plan de jeu principal, il contribue pleinement à la tempo du deck.

On joue des créatures, on tempo, on pioche, on contre en jouant une 2/2 flash, on a le seuil et on joue un pâté 6/6 vol…

Le bonheur.

Oui, Guerrier de la marée.
Non attendez ne partez pas!

Si pour des joueurs non avertis un tribal ondin semble peu puissant, c’est en réalité un deck de saligaud!

Ça pullule de Ports Rishadan à nageoires, ça joue Winter Orb et ça va même jusqu’à intégrer des cuirassés phyrexians! Et ça perfe!


On s’approche dangereusement des decks Control-Midrange, mais je ne peux m’empêcher de citer le deck Minotaure joué par Quentin à la Frogs Cup 2026.

Tahngarth, accompagné du minotaur illusioniste, en impose dès qu’il débarque sur le champ de bataille.

Quand j’avais questionné Quentin sur son choix de deck, il m’avait répondu que s’il n’y avait pas les minotaures, il ne jouerait pas le deck.

Il a remporté le prix spécial du deck le plus spicy de la coupe (un gobelin maçon foil tamponné). La classe!

J’avais toujours voulu jouer Démon Grimaçant depuis mon arrivée dans le format, mais trop savoir où, jusqu’à tomber sur des decks Machine Head la jouant comme finisseur (avec l’incroyable Spectre Brûlant), ou pour (beaucoup) plus de spice, sur un deck « Power Rangers« .

Mais c’est finalement dans une version BW Ponza maison aux côté de Nattes que j’ai trouvé mon compte. Cherchant à tirer leçon de mes premiers tournois, j’ai splashé en blanc pour pouvoir jouer Justification (et casser de l’enchantement ou artefact si besoin), en adaptant notamment la mana base avec Glaciers en dégel.

Cette version se paye également le luxe de jouer (en side) les adorables Glob-gnomes.


Merci de m’avoir lu!

J’espère que mon avis tranché sur le format, mes conseils dignes du café du commerce et le listing semi-sérieux de decks chargés de belles créatures vous aura plus!

Comme je le disais au début, j’avais découvert le Premodern loin d’être prêt à me frotter aux principaux decks compétitifs du format. J’avais même fini par développer une forme d’aversion pour les decks « unfairs » et leurs Serments des druides, Terres désolées, Sphères de résistance, Humilité, Parallaxes et j’en passe. La méta me paraissait particulièrement inhospitalière, voire toxique. C’était évidemment un raccourci facile (surtout vu mon niveau de jeu), mais le ressenti était là, malgré toute la bienveillance de l’incroyable communauté Premodern de Paris.

Au final, à force de chercher à faire fonctionner des decks sous-optimisés ou partant perdant d’avance, j’ai fini par reconsidérer l’usage de certaines cartes « repoussoir ». Jouer Armaguedon paraissait finalement moins haineux dans mes decks Seuil et White Weenie, Survie du plus apte prenait progressivement une autre dimension dans « Survival Slivers ». Un Oath qui vomit un chatfeu incandescent par tour, c’est aussi très marrant.
Et je ressentais une certaine sérénité également quand je perdais avec mon deck BW Ponza sur-cancérigène (bien fait pour moi).

En apprenant à jouer avec j’ai appris un peu plus à jouer contre.
Et en me rendant compte que je pouvais jouer de manière viable certaines cartes de créatures adorées de mon enfance grâce à elles, j’ai aussi fini par les apprécier (sauf bien sûr Humilité, faut pas déconner!).

Et au final, cela ne faisait pas de moi un monstre. Pas autant que les joueurs de Stiflenought, Replenish et Contamination en tout cas 😉

PtiFlo

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1 Comment

  1. Gonzalo

    Super impressioné de cet article. Je le mets en favoris parce que l’information et les références sont top !
    Merci !

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